Carnet de voyage,  Roumanie

La Roumanie, loin des clichés

Si je vous dis Roumanie, à première vue, ce n’est pas le pays qui fait le plus rêver. Très souvent, on associe Roumanie et pauvreté, mais aussi les Roumains aux Roms, qui sont en fait deux choses distinctes, on y reviendra plus tard, ou encore au communisme.

J’ai en fait découvert un pays bien différent de l’image qui en est véhiculée, une culture très riche, de bons plats traditionnels (très riches également haha), des paysages magnifiques.

Je n’en n’ai visité qu’une infime partie, mais j’ai envie de vous faire découvrir ce petit bout d’Europe de l’Est, loin des clichés, et vous donner envie de vous y aventurer.

Bucarest

                Bucarest, la capitale de la Roumanie, est située au sud-est du pays. C’est une grande capitale qui m’a beaucoup intriguée.  En effet, Bucarest est un énorme melting pot architectural, ou les beaux bâtiments de style Art Déco côtoient les façades austères des bâtiments soviétiques.

                Ce qui m’a frappée à Bucarest, c’est que tout ce beau patrimoine n’est absolument pas entretenu ou mis en valeur. Les murs sont couverts de graffitis et noircis par la pollution.

                Néanmoins, j’ai trouvé que le contraste entre le délabrement de certains édifices et la magnificence de bâtiments comme l’Athénée ou certains petits musées dispersés un peu partout dans la ville lui donnait un certain charme.

                En parlant de musées, vous n’aurez que l’embarras du choix à Bucarest : musée d’art moderne, musée d’histoire naturelle, musée d’histoire de la Roumanie, et bien d’autres. Je me suis personnellement décidée pour le musée du village, un musée en plein air qui reconstitue des maisons traditionnelles de toute la Roumanie à travers les âges.

                Également, ne manquez pas le vieux centre, avec ces rues pavées et ces bars et restaurants, parfaits pour un petit break en terrasse ou pour sortir. Je vous donnerai toutes mes bonnes adresses dans un prochain article.  

                Autre point d’intérêt à ne pas rater, le Palais du Parlement, fruit de la mégalomanie du dernier dictateur communiste Nicolae Ceausescu. Ces 1100 pièces et sa surface 350 000m² en font le deuxième plus grand bâtiment administratif au monde, juste derrière le Pentagone.

                Enfin, j’ai également beaucoup aimé me balader le long du Dâmbovitza, rivière/canal, près de la bibliothèque nationale de Roumanie pour boire un verre dans ses nombreux cafés, prendre un peu le soleil ou tout simplement regarder les gens vaquer à leurs occupations.

Le château Peles

                Situé à environs 2h de train de Bucarest, la petite ville de Sinaia est l’endroit parfait pour les amateurs de sport d’hiver, mais aussi de beaux paysages et de châteaux.

                Le château Peles, et son petit frère, le Pelesior, constituaient la résidence d’été du roi Carol 1er de Roumanie (1881-1914). Le château Peles est également le premier château d’Europe a disposer de l’électricité.

                A l’intérieur, vous pourrez admirer les riches décors dans des pièces décorées à l’images de plusieurs pays (salon français, salon turc, salon florentin, etc.).



Brasov

                Brasov est mon coup de cœur de la Roumanie. Sixième plus grande ville du pays, Brasov est située au cœur des Carpates et se situe non loin de la plus grande station de ski d’Europe de l’Est, en faisant une destination touristique prisée en Roumanie.

               Jusqu’au milieu du XXe siècle, Brasov est une ville majoritairement germanophone. Vous pourrez d’ailleurs trouver en de nombreux endroits, le nom allemand de la ville, Kronstadt, la ville de la couronne, et la ville a conservé de nombreuses influences germaniques. Au XIXe siècle, la ville était également rattachée à l’empire Austro-Hongrois, on trouve donc également des influences hongroises, notamment au niveau gastronomique (ne manquez pas les Kurtoskalacs) à Brasov.

Brasov et les 7 cités  
Au Moyen-Age, des colons Allemands s’établissent en Transylvanie afin de défendre l’empire Hongrois contre des envahisseurs venus d’Asie Centrale.
7 cités sont créées, dont Brasov, Sighisoara, Sibiu et Cluj-Napoca.
Il existe toujours des minorités germanophones dans ces villes, dont l’architecture conserve les traces de ce passés allemand.
Après la Seconde Guerre Mondiale, de nombreux Roumains d’origine allemande ont émigrés vers l’Autriche et vers l’Allemagne.

              

A Brasov, je vous conseille vivement de faire le Free Walking Tour. Cela vous permettra de visiter les principaux points d’intérêt de la ville (l’église noire, l’église Saint-Nicolae et première école roumaine, la porte Catherine, etc.). Vous pourrez également vous aventurer dans la troisième rue la plus étroite d’Europe, la Strada Sforii, récemment décorée par des street artists locaux. Brasov est également connue pour son « Hollywood sign » sur la colline surplombant la ville.

                Brasov, c’est aussi l’occasion de flâner dans ses rues aux façades colorées et de s’arrêter dans les nombreuses boutiques d’artisanat roumain, facilement reconnaissables à leur enseigne « souvenirs ». Vous y trouverez certes des babioles pour touristes, mais aussi de vrais objets artisanaux typiques, comme la fameuse blouse roumaine, brodée à la main.

               Enfin, durant votre séjour à Brasov, vous pourrez visiter le « château de Dracula », à Bran. Je vais vous décevoir tout de suite, le château de Bran n’a absolument aucun rapport avec le célèbre vampire du roman de Bram Stocker. En effet, le personnage historique qui l’aurait inspiré, Vlad III, dit l’Empaleur, ni aurait que brièvement séjourné. En revanche, il était surnommé « Draculea » (petit dragon), et son père, Vlad II, « Dracul » (dragon), car il appartenait à l’ordre de chevalerie du Dragon. Rien à voir donc avec un quelconque buveur de sang. CQFD.

Personnellement, j’ai trouvé que la visite de l’intérieur du château n’avait pas grand intérêt et était très chère (40 lei, à savoir une dizaine d’euros). Bran, c’est surtout un immense Disneyland pour touristes, mais j’ai trouvé qu’il était intéressant de déconstruire ce mythe de Dracula, associé au château. En revenant à Brasov, profitez-en également pour vous arrêter à la forteresse de Rasnov.

Sighisoara

                A environs deux heures de train de Brasov, la petite ville de Sighisoara est un petit bijou d’architecture médiéval. La vieille ville est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1999.

Vous pourrez monter en haut de la Tour de l’Horloge, qui culmine à 64 mètres de haut pour une vue imprenable sur les environs, ou encore emprunter l’escalier des écoliers, un escalier couvert en bois de 175 marches. Mais surtout, baladez-vous dans ses petites ruelles pavées et aux maisons colorées (toujours).

Enfin, si vous cherchez des souvenirs, rendez-vous au Centre culturel romano-allemand. Vous y trouverez une petite boutique avec plein de petits objets fabriqués par des artisans de la ville, mais également un gentil monsieur peignant de jolis objets en bois à la main.

La ville fortifiée est toute petite, une paire d’heures suffit donc pour la visiter. Le temps donc de reprendre le train pour continuer la visite de la région.

Sibiu

                Depuis Sighisoara, vous pouvez vous rendre dans la ville de Sibiu, coquète ville au cœur de la Transylvanie. Une chose qui m’a frappé en arrivant à Sibiu, c’est de constater à quel point la ville était propre et bien entretenue.

Promenez-vous sur la Piata Mare, visitez le château de Brukenthal, montez en haut de la Tour du conseil, parcourez la Piata Mica, ou encore la Piata Huet, le tout sous le regard inquisiteur de ses maisons colorées, dotées de petites lucarnes ressemblant étrangement à des yeux. Gravissez les nombreuses marches de la tour de l’église évangélique pour une jolie vue sur les toits de la ville.

Enfin, ne manquez pas de traverser le pont des mensonges, mais attention à ce que vous y dites ! En effet, la légende dit qu’à l’époque médiévale, quand le pont était encore en bois, il commençait à craquer et à grincer dès que quelqu’un mentait. Une autre légende raconte que les marchants pris en train de tromper leurs clients étaient jetés du haut du pont, tout comme les jeunes filles mentant sur leur virginité.

Roumains vs. Roms
Les Roms ou Tziganes, sont un groupe ethnique venu d’Inde ayant émigrés au Moyen-Age dans le reste du monde et notamment en Europe. Caractérisés par leur mode de vie nomade, ils sont victimes de racisme et de percussions un peu partout, y compris en Roumanie. En Roumanie, le recensement de 2011 recense environs 600 000 Roms, soit un peu plus de 3% de la population. Ils seraient en réalité environs 2 millions et forment la deuxième minorité la plus importante du pays, derrière les Hongrois.
En France, on associe les Roms à la délinquance et à la mendicité, et on emploi de manière indifférencié le terme « Rom » ou « Roumain » pour désigner ces populations, ce qui a le don d’agacer les Roumains justement, qui se différencie eux-mêmes ethniquement et culturellement des Roms, qu’ils accusent souvent de ne pas s’intégrer et de vivre en marge de la société roumaine.
Néanmoins, le discours médiatique en général aurait tendance à ne donner la paroles qu’aux nationalistes des deux bords, en oubliant que bien souvent, les interactions entre Roms et Roumains existent et fonctionnent.

Conseils pratiques

               Je m’en suis rendue compte peu avant mon départ, mais bien que la Roumanie fasse partie de l’Union Européenne depuis 2007, elle ne fait pas partie de la zone Euro et utilise donc sa propre monnaie, le leu (1€ = 4,50 lei environs). La vie y est entre 20 et 50% moins chère qu’en Europe de l’Ouest.

               En Roumanie, vous pouvez vous déplacer très facilement en train, néanmoins, ces trains sont lents, trèèèèès lents (85km en 2h), il est donc souvent bien plus rapide de faire du co-voiturage, et les Roumains utilisent beaucoup Blablacar. Le bus est également une autre option.

                On associe bien souvent la Roumanie à la pauvreté et au sous-développement. Bien au contraire, j’ai découvert un pays offrant tout le confort moderne avec des villes charmantes et de beaux paysages.

Mais la Roumanie reste un pays de contrastes et si les centres-villes des endroits que j’ai visités étaient propres et coquets, on croise encore, dans la campagne profonde des maisons qui ont l’air de vouloir s’écrouler d’un instant à l’autre ou des gens se déplaçant en charrette tirée par un cheval.

                Au-delà de la richesse matérielle, j’ai surtout trouvé une richesse historique, architecturale et culturelle, naturelle aussi avec ses majestueuses chaînes de montagnes.

                J’espère que cet article vous aura permis de dépasser vos a priori sur la Roumanie et vous aura donner envie de visiter ce beau pays.

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :