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International Film Festival Rotterdam

Chaque année depuis 1972, Rotterdam accueille l’International Film Festival Rotterdam (IFFR), un festival de cinéma parmi les plus renommés d’Europe. Il fait la part belle au cinéma indépendant et expérimental de jeunes talents, comme de cinéastes reconnus.

Durant plus de 10 jours (du 23 janvier au 3 février cette année), on peut visionner des longs et des courts métrages, de la fiction au documentaire, dans divers cinémas de la ville, mais aussi assister à des conférences et des workshops.

Ici, pas de tapis rouge ou de montée des marches en robe de gala. L’IFFR s’attache à créer un lien entre les cinéastes et le public.

La programmation est conséquente et très éclectique : près de 500 films au programme, plus de 50 nationalités représentées et des centaines d’artistes invités.

J’ai donc choisi 3 films, dont je vous parlerai plus longuement durant le festival. Je vous donnerai également mon impression sur ce festival, et bien sûr, je vous révélerai quels films ont gagnés le Tiger Award !

X & Y, Anna Odell

                Le premier film que je suis allée voir est celui de la controversée comédienne et réalisatrice suédoise Anna Odell. Pourquoi controversée ? Parce qu’elle ose tout, elle a un côté très provocateur, et ce film n’échappe pas à la règle.

                Dans ce film, elle choisit de se concentrée sur la découverte d’elle-même. Avec le célèbre acteur suédois Michael Persbrandt, ils jouent leur propre rôle et invite 6 autres acteurs scandinaves renommés qui jouent leurs alter ego et représentent chacun une facette de leur personnalité.

Ce film est avant tout une exploration de soi, de son identité et de l’autre. Il nous interroge sur la perception que l’on a de nous-même mais aussi la manière dont nous sommes perçus dans le regard des autres.

A la fin de la projection, on se demande bien évidemment qu’est-ce qui est vrai, qu’est-ce qui est fiction, et Anna Odell entretient savamment ce mélange.

Le film peut sembler confus ou bizarre, parfois cru et dérangeant, parfois franchement comique. Ce qui est sûr, c’est qu’il ne laisse pas indifférent.

Sunset, László Nemes

                Je suis également allée voir Sunset, du réalisateur hongrois László Nemes.

                A Budapest, en 1913, au cœur de l’empire Austro-Hongrois, Irisz est à la recherche de son passé. Elle revient à la boutique de chapeau, jadis tenue par ses défunts parents. Tout en cherchant des réponses à ses questions, elle se heurtes à de noirs secrets, dans cette époque troublée, à la veille de la Première Guerre Mondiale.

                L’atmosphère du film est mystérieuse, sombre, oppressante. Cette impression est renforcée par la manière de filmer du réalisateur, dont la caméra est constamment braquée en gros plan sur le visage de la protagoniste, ce qui renforce l’immersion et la tension du spectateur. Les dialogues sont peu nombreux, tout est suggéré, à moitié masqué par l’obscurité ou flouté. Seul émerge le visage d’Irisz.

                J’ai beaucoup aimé ce film, mais je dois bien avouer que je suis restée un peu sur ma faim.  Tout est tellement juste suggéré, que l’on ne comprend pas toujours bien ce qu’il se passe. Mais au-delà de ça, le film est très beau, les costumes d’époque sont bien représentés et l’histoire est intéressante.

Doubles vies, Olivier Asayas

                Les films français étaient rares parmi la sélection de l’IFFR, mais j’ai quand même réussi à aller en voir un.

                Doubles vies raconte l’histoire d’Alain (Guillaume Canet), directeur d’une prestigieuse maison d’édition qui tente de s’adapter au renouveau du secteur, avec l’arrivée des livres électroniques et autres audiobooks et de sa femme, Séléna (Juliette Binoche), actrice de série télévisée. C’est aussi l’histoire de Léonard, un auteur un peu à côté de ses pompes publié par Alain et de la polémique entourant son nouveau livre. Doubles vies, ce sont des histoires de tromperies et de renouveau (professionnel et personnel).

                Les personnages de cette comédie dramatique sont tantôt drôles et attachants, parfois carrément insupportables. C’est un film tout ce qu’il y a de plus français, avec de nombreuses scènes dans des brasseries parisiennes ou autour d’un repas, avec des personnages et des discussions un peu intellos, mais j’ai trouvé la réflexion sur le monde de l’édition somme toute très intéressante.

En revanche, si j’ai beaucoup aimé la prestation de Nora Hamzawi (qui interprète Valérie, la compagne de Léonard), j’ai trouvé celle de Christa Theret (qui interprète Laure, une collaboratrice d’Alain) assez médiocre, dans la mesure où son texte est très « écrit », donnant des airs peu naturels à sa prestation.

Closing Night – The Hummingbird Project

                Enfin, j’ai vu un quatrième et dernier film lors de la soirée de clôture, The Hummingbird Project, réalisé par Kim Nguyen.

                Jesse Eisenberg interprète Vincent, qui a le projet fou de faire passer un câble de fibre optique de Kansas City à New-York, soit 1600km, en ligne parfaitement droite, afin de transmettre les informations financières une milliseconde plus rapidement que les autres, donnant un avantage certain sur le marché. Pour cela, il est aidé par son cousin Anton. Néanmoins, leur ancienne boss est bien décidée à leur mettre des bâtons dans les roues.

                Au-delà du thriller, ce film est avant tout une réflexion sur le temps, que l’on cherche à économiser en allant toujours plus vite, et ce qu’on en fait.

Après le film, soirée silent disco jusqu’au bout de la nuit au Doelen ! Pour ceux qui ne connaissent pas le silent disco, le principe est que chaque participant porte un casque et peut switcher entre 3 chaînes différentes et mettre la musique qu’il veut. Cela signifie aussi que quand on enlève son casque, on n’entend pas la musique, mais les autres chanter comme des casseroles, fous rires garantis !

Mon IFFR

                J’ai tout simplement a-do-ré ce festival ! Si j’avais pu (plus de temps et de moyens), je serais aller voir beaucoup plus de film, et j’aurais assisté à des conférences. Mais j’ai pu découvrir des films et des réalisateurs que je ne connaissais pas, des œuvres qui m’ont fait toutes fait réfléchir et appris quelque chose.

                J’ai beaucoup aimé l’ambiance du festival, très populaire, pas du tout cette image glamour des tapis rouges cannois, mais au contraire, une simplicité, et la volonté de faire découvrir des œuvres différentes de ce que l’on a l’habitude de voir.

                Définitivement, je retenterai l’expérience l’année prochaine, et j’aimerais même être volontaire, afin de voir les coulisses de cette énorme machine qu’est l’IFFR !

                Dans tous les cas, l’International Film Festival Rotterdam a trouvé une nouvelle fidèle cette année !

Et toi, tu as déjà participé à l’IFFR ? Ou a un autre festival de cinéma ? Est-ce que cet article t’a donné envie de venir à Rotterdam pour l’IFFR en 2020 ?

PS : Cette année, le Tiger Award a été attribué à la réalisatrice chinoise Zhu Schengze, pour son film Present.Perfect.

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