Carnet de voyage,  Nicaragua

Nicaragua, voyage au pays des volcans

Deuxième étape de ce voyage en Amérique Centrale, l’arrivée au Nicaragua n’est pas de tout repos : plus de 12 heures de bus et passage de deux frontières, le voyage est tout bonnement épuisant. Ajoutez à cela déjà plus de cinq mois de voyage dans les pattes, peut-être un peu de lassitude (une grosse dose de fatigue surtout), et aussi l’impression que toutes ces villes coloniales d’Amérique centrale commencent à se ressembler (signe en voyage qu’il faut, soit se reposer, soit changer complètement d’environnement, ou bien qu’il serait peut-être temps de rentrer), autant dire que je ne suis pas arrivée dans le pays dans les meilleures dispositions.

Malgré ce tableau a priori peu flatteur, je vais m’efforcer de vous donner envie de visiter ce pays qui a beaucoup à offrir ! D’ailleurs, c’est un pays que j’aimerais beaucoup revisiter, dans de meilleures conditions, pour l’apprécier à sa juste valeur.

 

León, la révolutionnaire

La ville de León, au Nord du pays, nous accueille avec une chaleur étouffante. Après les températures douces du Guatemala et le long voyage, la chaleur extrême ajoute à notre fatigue. Cela, ainsi que quelques mésaventures avec des locaux nous pousse à ne pas nous attarder trop longtemps en ville. En effet, à plusieurs reprises, dans des commerces notamment, alors que nous parlions poliment aux personnes en caisse, en espagnol, celles-ci ne nous ont absolument pas adressé un mot (ni bonjour, ni merci, ni merde), tout en détournant le regard. Le tout à différents endroits de la ville. Ambiance… J’avoue que cela m’a surprise, j’ai toujours été habituée, en plus de 5 mois de voyage, à toujours être bien accueillie par les locaux, ou au moins avec politesse.

En 2 jours sur place néanmoins, nous avons visité le musée de la Révolution. La visite se fait avec un guide local, qui est bien souvent un ancien guérillero. En effet, le Nicaragua en général, et la ville de León en particulier, a un fort passé révolutionnaire, et on trouve encore dans la ville des traces de ce passé, relativement récent : street art, murs criblés d’impacts de balles, comme le bâtiment qui abrite le musée, etc. La visite du musée est assez courte, environs 30 minutes. J’ai néanmoins trouvé que ce musée n’avait de musée que le nom. En effet, ici, c’est une histoire très manichéenne qui nous a été raconté, à base de méchants américains impérialistes, etc. Alors certes, le fait que les Etats-Unis considèrent l’Amérique Latine comme leur arrière-cour n’est pas un fait nouveau, en revanche la visite manque cruellement de recule et de rigueur (les affiches de la campagne électorale du président sortant Daniel Ortega étaient placardées un peu partout), nécessaire à mon avis à tout bon travail historique. On comprend néanmoins dans les grandes lignes la chronologie des évènements et l’on a un regard « de l’intérieur », mais si la question vous intéresse, je ne peux que vous inviter à approfondir vos connaissances par des recherches personnelles. Le musée a au moins le mérite d’attirer l’attention sur une période de l’histoire largement méconnue en Europe.

Enfin, ne manquez pas le musée d’art de la fondation Ortiz, pour découvrir des œuvres d’art du XVIe siècle à nos jours, et qui fait la part belle aux artistes latino-américains contemporains. L’entrée est de 2$ pour les étrangers.

Nous avons malheureusement manqué la visite de la cathédrale de León, et notamment celle de son toit qui paraît-il, offre une vue imprenable sur toute la ville, car nous sommes arrivés au moment de la fermeture et que nous repartions tôt le lendemain. Amateurs de sensations fortes, laissez-vous tenter par du volcano boarding du haut du Cerro Negro. Si vous êtes plutôt farniente, prélassez-vous sur les plages de Las Peñitas.

 

Granada, la coloniale

La ville de Granada, situé sur la rive ouest du lac Nicaragua est connue pour son architecture coloniale bien conservée et ses rues aux maisons colorées. La place de l’Indépendance, avec sa grande église jaune et blanche vaut le coup d’œil. De l’autre côté de la place, les bâtiments sont aussi plus beaux les uns que les autres, notamment l’auberge de jeunesse Selina (n’hésitez pas à y entrer, le bar dans le hall est ouvert à tous !). Lors de mon séjour, il y avait également une vente de peintures d’artistes locaux, de quoi admirer de jolies œuvres gratuitement !

 

 

Pour manger ou trouver de petites boutiques locales, rendez-vous Calle Calzada, vous aurez l’embarras du choix ! L’avantage de cette rue est que vous trouverez bars et restaurants pour toutes les bourses, avec de la cuisine locale comme de la cuisine du monde, et que touristes et locaux se mélangent.

Durant votre séjour, visitez las isletas. Ne prenez pas de tour, beaucoup trop cher pour ce que c’est, mais longez le lac Nicaragua à pied (environs 30 minutes de marche) pour vous rendre à l’embarcadère et négocier un tour guidé directement sur place. Enfin, pour une journée détente, rendez-vous à la laguna de Apoyo, un lac d’origine volcanique, classé comme réserve naturelle depuis 1991. Vous accédez au lac en passant par une auberge de jeunesse moyennant un droit d’entrée (là encore, je vous déconseille de prendre un tour, des bus publics partant de Granada se rendent toute la journée à la laguna). A vous donc farniente, bronzette et tubing sur le lac. Un bar-restaurant se trouve sur place, mais j’ai trouvé les prix assez dissuasifs (4$ pour un smoothie, des prix européens quoi), veillez donc à prendre de quoi manger et boire avant.

 

 

Isla Ometepe, la relaxante

L’île d’Ometepe est située sur le lac Nicaragua. Son nom vient du nahuatl, ome (deux) et tepetl (montagne). En effet, l’île est constituée de deux volcans, le Concepción et le Maderas. La ville principale est Moyogalpa, le reste de l’île étant constitué de petits villages au bord du peu de routes qui sillonnent l’île. Ici, tout le monde se déplace en scooter/moto ou en 4×4 (beaucoup de routes ne sont en fait que des pistes rocailleuses, difficilement accessibles avec un autre type de véhicule, y compris en deux roues).

J’ai logé à Santa Cruz, petit village à environs 30 minutes de Moyogalpa, à l’Hostel Santa Cruz, sorte d’hôtel/hostel, au personnel très accueillant, plutôt fréquenté par des couples. L’établissement possède un petit jardin avec une vue incroyable sur le volcan Maderas, de quoi faire de jolies photos par temps dégagé, ou juste se reposer des heures durant dans un hamac. Le lieu invite vraiment à la détente et au repos.

Via l’auberge, nous avons loué un scooter pour une journée pour 20$ pour deux personnes (les autres agences proposent des tarifs autour de 30-35$ la journée pour deux personnes). C’est le meilleur moyen d’explorer l’île ! Rendez-vous d’abord à Ojo de Agua, une sorte de piscine dont l’eau est chargée de minéraux volcaniques bons pour la peau. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, l’endroit n’est pas réservé aux touristes, de nombreux locaux s’y rendent régulièrement pour profiter d’une baignade en famille et des bienfaits de l’eau. On reprend ensuite la route quelques minutes pour atteindre le parc de Charco Verde, et notamment sa maison des papillons, pour observer différentes espèces de papillons, notamment les célèbres morpho aux magnifiques ailes bleues (très difficiles à photographier en revanche). Autant dire que j’étais comme une petite fille dans cette endroit plein de végétation entourée du vol gracieux de ces petits animaux. Le parc autour offre également de jolies petites promenades, et si vous avez de la chance, vous pourrez même observer quelques singes hurleurs. Nous avons d’ailleurs assisté émerveillés et amusés aux premiers pas d’un bébé singe, qui tentait tant bien que mal d’escalader sa première branche, sous le regard de ses parents. Après une visite rapide de Moyogalpa, alors que le soleil commence à se coucher, il est temps de rentrer à Santa Cruz, en s’arrêtant régulièrement au bord de la route pour prendre quelques photos du volcan, ou pour laisser passer un énorme troupeau de vaches.

 

 

Si vous n’avez pas encore gravit de volcan, c’est le moment ! En effet, le Nicaragua est le pays d’Amérique Centrale qui compte le plus grand nombre de volcans, et à Ometepe, vous en avez deux ! Les treks se font en une journée et commencent très tôt le matin. Ils nécessitent une très bonne condition physique. Attention toutefois, très souvent, au petit matin, le sommet et noyé dans la brume… Personnellement, après Acatenango au Guatemala, j’ai passé mon tour.

Enfin, faite un tour de kayak sur le lac, observez la faune et la flore, et peut-être aurez-vous la chance d’apercevoir un caïman !

 

Où loger sur l’île d’Ometepe ?

  • Pour une ambiance détente, en couple ou entre amis (il y deux dortoirs), l’Hostel Santa Cruz est ce qu’il vous faut.
  • Pour une ambiance plus festive, rendez-vous au party hostel El Zopilote. Deux fois par semaine, l’auberge organise une pizza night, ouverte à tous. J’ai été franchement déçue par la pizza, mais l’ambiance est au rendez-vous, et cela permet de faire des rencontres.

 

Où manger à Santa Cruz ?

Sans hésitation, rendez-vous au Nectar Café, j’ai mangé ici midi et soir durant une semaine, j’ai eu l’occasion de tester tous les plats végé de la carte. Tout est délicieux, mention spéciale pour les quesadillas. Tout est fait maison et à la minute, ce qui fait que le service est assez lent, surtout quand il y a un peu de monde, mais l’attente vaut le coût, et les prix sont très abordables.

 

Comment se rendre sur l’île d’Ometepe ?

Depuis Granada, vous pouvez réservez un shuttle directement depuis votre auberge jusqu’à San Jorge, où vous prendrez un ferry jusqu’à Moyogalpa, puis un taxi, un chicken bus ou bien un shuttle (réservé à San Jorge ou directement en arrivant sur l’île), selon votre budget.

Autre option, prenez un chicken bus depuis Granada jusqu’à Rivas, puis un taxi jusqu’à San Jorge où vous prendrez le ferry.

San Juan del Sur, la festive

San Juan del Sur, comme son nom l’indique, se situe tout au sud du pays, près de la frontière avec le Costa Rica. C’est une station balnéaire très prisée des touristes et des surfers. Mais si les backpackers se rendent à San Juan, c’est principalement pour le « Sunday Funday », soit une gigantesque beuverie fête, tous les dimanches, dans la plupart des auberges de la ville. Le principe est simple, pour 30$, vous pouvez faire la fête de la fin de la matinée jusqu’à tard dans la nuit en allant d’auberge en auberge où des évènements sont organisés, avec alcool à volonté. Personnellement, j’ai passé mon tour (30$, ça fait chère la gueule de bois), mais ça peut-être un bon moyen de faire la fête (si vous buvez assez pour rentabiliser 30$) et de rencontrer d’autres fêtards voyageurs.

 

 

Finalement, le Nicaragua, c’était très beau, mais aussi beaucoup de fatigue, et ça s’est beaucoup fait ressentir sur mon impression générale du pays, ou du moins de certaines villes. De plus, je n’avais absolument rien prévu, et en discutant avec d’autres voyageurs, je me suis rendue compte que j’avais manqué pleins de spots incroyables. C’est donc un pays que j’aimerais vraiment visiter à nouveau, dans un meilleur mood afin de l’apprécier à sa juste valeur.

Et vous, qu’est-ce que vous avez pensé du Nicaragua ?

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