Trek sur le volcan Acatenango

Trek sur le volcan Acatenango

La ville d’Antigua est entourée de plusieurs volcans, dont un encore actif, le volcan Fuego, qui est celui que l’on admire durant le trek, tandis que l’on gravit celui d’Acatenango, qui culmine à près de 4000 mètres d’altitude.

Il est possible de faire un trek de 2 jours – 1 nuit sur le volcan en passant par une agence. Nous sommes passé par l’agence Soy Acatenango, qui est une agence locale, travaillant avec des guides locaux, et dont les fonds vont directement à la communauté vivant au pied du volcan (à l’époque, ils finissaient de construire un terrain de jeu pour les enfants du village, puis voulaient construire les infrastructures pour apporter l’eau courante). Nous avons payé 400 quetzales (environs 40€). D’autres grosses agences proposent des prix beaucoup plus bas mais 1) selon une loi récente, les agences ne peuvent pas proposer des prix inférieurs à 350q (hors frais d’entrée du parc), 2) l’argent va à des hommes d’affaire et non aux communautés locales et 3) souvent, vous vous retrouvez avec des tentes et des sacs de couchage médiocres et vous commencez le trek plus tard et devez donc vous dépêcher. Pour contacter l’agence, tout se fait par WhatsApp, je vous donne toutes les coordonnées à la fin de l’article. On vient vous chercher vers 8h du matin à votre hébergement, et vous êtes de retour vers midi le lendemain.

Gilmer, qui tient l’agence répondra à toutes vos questions, mais voici quelques infos supplémentaires dictées par l’expérience pour vous aider au mieux à préparer votre trip.

 

Que mettre dans son backpack ?

Nous avons effectué le trek en plein été donc même si nous avons commencé l’ascension à 2000 mètres d’altitude, et qu’avec l’effort, nous avons vite eut chaud, arrivés au camp de base à plus de 3800 mètres, avec le vent, la nuit qui tombe, et surtout le lendemain matin, les températures sont tout sauf clémentes (environs 0°C, moins si l’on compte les températures ressenties), ce que vous allez donc emporter avec vous durant ces deux jours a toute son importance.

Pas question non plus de prendre tout votre backpack avec une tonne d’affaires inutiles à l’intérieur. Pour notre part, nous avons laissé le gros de nos affaires dans des sacs poubelles, dans le local à bagage de notre auberge Selina sur Antigua, que nous avons récupéré à notre retour dans la mesure où nous avons réservé deux autres nuits après le trek, histoire de récupérer.

Le froid donc. L’agence vous prête de grosses vestes gratuitement, au cas ou vous n’en auriez pas. Personnellement, avec une doudoune compacte Decathlon achetée avant mon départ et plusieurs couches de vêtements en dessous, je n’en ai pas eu besoin. Elle loue également des bonnets ainsi que des gants que je ne peux que conseiller. Vous pouvez acheter des écharpes pour pas très cher au marché d’Antigua. Si vos gants ne sont pas imperméables, je conseille d’en prendre deux paires, la première sera sûrement trempée lors de la seconde partie du trek jusqu’au sommet du volcan, et la redescente risque donc d’être longue ensuite avec des gants mouillés…

Niveau vêtements donc, prendre :

  • 1 voire 2 pantalons/leggings pour vous changer si vous êtes mouillés
  • Optionnel : 1 short que j’ai porté par-dessus mon legging le deuxième jour, et je ne le regrette pas
  • 2 t-shirts à manches courtes (optionnels si vos autres couches sont suffisamment chaudes)
  • 2 hauts à manches longues
  • 1 gros sweat bien chaud
  • 1 doudoune/grosse veste
  • 1 k-way
  • 2 grosses paires de chaussettes ou plus si elles sont fines pour les superposer (la nuit et le deuxième jour)
  • Des chaussures de rando ou de bonnes baskets (de préférence imperméables)
  • Gants, écharpe, bonnet
  • Sous-vêtements de rechange

L’agence vous fournit le déjeuner ainsi que le petit-déjeuner pour le lendemain que vous devrez porter tout le long du trek, ainsi que le dîner, qui lui se trouve déjà au camp de base. Néanmoins des snacks sont indispensables. Noix, fruits secs, barres de céréales, et un petit sandwich en guise de goûter en arrivant au camp de base, et le must, ce sont les marshmallows que vous pourrez faire griller au feu de camp. En ce qui concerne l’eau, 2-3 litres me semblent être la bonne quantité. Au pied du volcan, vous pouvez également acheter des flasques de rhum, une goutte dans le petit chocolat chaud du soir, ça réchauffe (je dis ça, je dis rien). Attention à ne pas prendre trop de choses cependant, car ça pèse dans le sac !

Enfin, last but not least, penser à la crème solaire, aux lunettes de soleil, à l’appareil photo, mouchoirs, lampe frontale (lors de l’ascension le deuxième jour, il fait nuit), au baume à lèvres et au doliprane. Et c’est tout ! Ne pas surcharger, ne pas prendre un sac trop lourd non plus, car il va falloir le porter !

 

Concrètement, comment ça se passe ?

Un bus vient vous chercher à votre auberge entre 8h et 8h30 et vous amène ensuite à l’agence, dans le village au pied du volcan. Là, vous pouvez prendre une veste, louer gants et bonnet et on vous donne votre lunch et votre petit-déjeuner. Nous sommes un groupe de 18 personnes, accompagnés de 3 guides. Après un court trajet en bus, nous voilà à 2000 mètres d’altitude, pour commencer le trek. Il est environs 9h30. A la sortie du bus, on va vous proposer des bâtons de marche à louer pour 5 quetzales, que vous rendrez le lendemain. Prenez-le ! Vous risquez de sacrément le regretter sinon…

Et c’est parti pour 4-5 heures de randonnée selon la vitesse du groupe, entrecoupées de pauses toutes les 15 minutes environs et une demi-heure pour manger. Les trente premières minutes sont honnêtement, et de loin, les plus difficiles. Le chemin est extrêmement pentu et le sol meuble, vous perdez donc beaucoup d’énergie. De plus, vos muscles sont froids et votre corps n’est sûrement pas habitué à un tel effort avec le sac à porter et surtout l’altitude. Sincèrement, à la fin de ces 30 minutes, quand nous avons enfin fait une première pause, je ne pouvais plus respirer, je hoquetais, totalement à bout de souffle. Je me suis clairement demandé ce que je faisais là et je me suis dit que si c’était comme ça pendant 4 heures, je n’y arriverais pas.

Toujours avec quelques difficultés à respirer, nous sommes repartis, sur un chemin un peu moins raide. Là, un gentil américain de notre groupe m’a gentiment proposé d’échanger mon gros sac avec le sien qui ne pesait rien. Et Corey, très sincèrement, je te remercie du fond du cœur car sans toi, je n’y serais peut-être pas arrivée. Quand je vous dis de ne pas trop charger votre sac !

Vers midi, pause lunch. C’est assez léger, composé de quelques crudités (sans assaisonnement), d’un peu de riz et d’un morceau de poulet (sans pour les végétariens, mais perso ils en ont oublié un petit bout dans ma boîte, ça m’a un peu refroidie). Honnêtement, avec l’effort et l’altitude, je n’avais absolument pas faim mais je me suis forcée à manger. Profitez également d’un délicieux chocolat chaud pour 5 quetzales.

 

 

On arrive environs 1h30 plus tard au camp de base. Les guides attribuent les tentes. Nous sommes entre 2 et 4 par tentes, qui sont équipées de petits matelas et de sacs de couchage confortables. C’est le moment de quitter ses vêtements trempés de transpiration pour des vêtements secs que vous porterez aussi le lendemain. C’est très important si vous ne voulez pas attraper froid. On allume un feu de bois, on fait quelques photos, certains en profitent pour faire une petite sieste bien méritée, on mange un morceau.

La nuit tombe rapidement et nous avons la vue sur le volcan Fuego qui ce jour-là, nous offre un spectacle son et lumières pour le dîner avec explosions, lave et tout le toutim. Vers 18h, on nous sert le dîner, des frijoles et des nouilles. Après un bon petit chocolat chaud, des marshmallows grillés, quelques blagues racontées par les guides, une dernière photo, il est temps d’aller dormir. Il est 20h, je suis épuisée, et demain, nous devons nous lever à 4h du matin.

 

 

Personnellement, je ne dors pas de la nuit, malgré les tentes confortables. Je n’arrive pas à m’installer confortablement dans mon sac de couchage et me tortille dans tous les sens, mes pieds sont congelés en dépit de mes épaisses chaussettes, le vent  fait un bruit infernal et fait trembler la tente. De plus, je me sens complètement déshydratée mais mon eau est glacée et difficile à boire. J’essaie quand même de boire mais résultat, je dois sortir plusieurs fois pour aller aux « toilettes » (comprendre derrière un buisson). De plus, depuis le matin, j’ai mal à la tête, sûrement à cause de l’altitude.


Ne dormez pas avec tous vos vêtements !

C’est le meilleur moyen d’être congelé le lendemain car vous n’aurez plus votre sac de couchage.


Le réveil est difficile (mes pieds commençaient à se réchauffer et je venais de réussir à m’assoupir). A 4h30, départ pour le sommet (1h30 de marche), sous une bruine et un vent glacial. Nous laissons les sacs dans les tentes, et ne prenons que les lampes frontales, les bâtons de marche, de l’eau et les appareils photos (que personnellement je n’ai pas utilisé à cause de la pluie).

Les 15 dernières minutes sont assez éprouvantes : le sol est composé d’une épaisse couche de petites roches volcaniques, on s’y enfonce jusqu’à la cheville et il est très difficile d’avancer. Arrivés au sommet, il fait un vent à décorner les taureaux qui vous glace jusqu’aux os. Et du brouillard. Juste du brouillard. Ce sont les aléas de la météo, nous ne verrons rien du lever de soleil (nous avons quand même eu la chance, contrairement à d’autres, d’avoir un temps clair la veille qui nous a permis de profiter de la vue). Nous restons environs 20 minutes, congelés, trempés, serrés les uns contre les autres pour tenter de nous réchauffer.

Nous entamons ensuite la redescente, deux fois plus rapide. Les 15 premières minutes, volcano boarding au programme, tout le monde s’enfonce et tombe à de multiples reprises. J’ai cependant trouvé la technique : ne poser qu’un pied à la fois au sol et bien monter les genoux. Vous avez l’air d’un crétin, mais vous avancez vite et sans tomber ! Nous tombons même sur un chien et nous demandons ce qu’il peut bien faire ici à une telle altitude.

De retour au camp, nous sommes trempés, glacés et couvert de poussière volcanique et de boue. Je pense à la paire de gants secs que j’aimerais avoir à ce moment-là. Même le feu peine à nous réchauffer, d’autant que le vent souffle parfois la fumée brûlante dans notre direction.

C’est partie ensuite pour environs 3 heures de redescente. La pluie et le vent sont toujours de la partie, le sol devient boueux, je tombe un nombre incalculable de fois (et je ne suis pas la seule). J’ai récupéré mon gros sac à l’occasion et celui-ci amortie les chocs. Arrivés au pied du volcan, nous rendons nos bâtons de marche, repassons à l’agence pour rendre vestes, gants et bonnets puis on nous redépose à Selina, ou des vêtements secs et propres ainsi qu’une douche chaude nous attendent. Un passage à la laverie s’impose.

 

 

Bilan

C’était mon tout premier trek, et je me suis clairement dépassée physiquement et mentalement. La randonnée en elle-même n’a rien de difficile, mais l’équipement, le poids du sac et l’altitude jouent beaucoup. Si c’était à refaire, je chargerais beaucoup moins mon sac et penserais au baume à lèvres (mes lèvres étaient littéralement « brûlées » à cause du froid, du vent et de la déshydratation) ! Prévoyez au moins deux nuits après votre retour, histoire de pouvoir faire la grasse mat’ le lendemain, sans avoir à penser au check-out avant un long trajet en bus.

Je recommande clairement l’agence Soy Acatenango, les guides vont à notre rythme, personne n’est laissé derrière et l’équipement fournie est de qualité ! Définitivement une expérience à faire !

 

Pour contacter l’agence Soy Acatenango

Contactez Gilmer par WhatsApp au +502 4169 2292 ou par mail à SOLOGUI5630@gmail.com

 

N.B : La photo de couverture n’est pas de moi mais de mon ami Yoreh (pour checker son Instagram avec pleins d’autres jolies photo, c’est par ici). Cette photo à été prise avec une exposition de 60 secondes. 

 

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