San Cristobal : backpackers’ paradise

San Cristobal : backpackers’ paradise

San Cristobal de las Casas, dans l’Etat du Chiapas, c’est mon autre coup de cœur du Mexique avec la Basse Californie. Je m’y suis rendue depuis Palenque, situé plus à l’Est. Pour cela, vous avez le choix entre prendre un bus ADO (il vous en coûtera environs 300 pesos pour 9-10h de trajet, montagnes obligent), ou bien deux colectivo, le premier de Palenque à Ocosingo, puis de Ocosingo à San Cristobal (moins de 150 pesos, pour 4 à 6h de trajet). Pour ma part, je me suis retrouvée, dans les deux colectivos à la pire place, à savoir sur le siège avant, à la place du milieu, à côté du conducteur, avec une patte de chevreuil sous le nez pendant tout le trajet, un tout petit pare-brise (pas pratique pour admirer le paysage), et surtout, pas de ceinture de sécurité (au Mexique, connaît pas la ceinture), dans des routes de montagnes en lacet et totalement défoncées, avec option brouillard épais et excès de vitesse, je peux vous dire que j’ai plusieurs fois serré les fesses ! Un conseil donc, arrivez suffisamment tôt pour choper un bon siège, ou préférez attendre le colectivo suivant. En outre, veillez à faire le trajet de jour.

Après la chaleur étouffante de la jungle de Palenque, je suis accueilli à San Cristobal par le froid de cette fin d’automne (après des mois d’éternel été, je m’en accommode facilement), altitude oblige. En effet, la ville est située à plus de 2000 mètres d’altitude et a une réputation de ville froide, néanmoins, lors de mon séjour, j’ai pu sortir aisément sans veste, mais il est vrai que le soir, il fait un peu frisquet (euphémisme). San Cristobal, à l’instar du Chiapas en général est aussi connue pour ses cultures indigènes et le métissage de sa population. Le Chiapas est également l’Etat le plus pauvre du Mexique, et on peut facilement le constater dans les villages aux alentours de la ville.

J’ai eu un véritable coup de cœur pour cette ville, hors des sentiers touristiques (les seuls touristes que j’ai rencontré étaient eux aussi des backpackers), d’une grande richesse culturelle, et regorgeant de commerces, de bar, de restaurants et de cafés plus sympas les uns que les autres.

Voici donc les immanquables de San Cristobal de las Casas !

 

The Free Walking Tour

Je vous conseille chaudement ce tour qui, comme son nom l’indique, est gratuit. A l’inverse de beaucoup de city tour, qui vont essentiellement vous parler de l’histoire de la ville, et parfois, il faut bien l’avouer, être un peu longs et ennuyeux, celui-ci va au contraire s’attacher à vous faire découvrir les principaux lieux d’intérêt de la ville, mais aussi les endroits sympas pour sortir, etc., toujours en favorisant la culture locale. C’est ainsi que j’ai découvert une multitude de bonnes adresses, dont je vous parle un peu plus loin.

Le tour a lieu tous les jours, sauf le dimanche, à 10h ou à 17h et dure normalement 3h. Quand je l’ai fait, il en a duré 6, à force de s’arrêter manger, boire et discuter à tous les coins de rues !

Un indispensable pour vous familiariser avec la ville et trouver les bons spots pour en profiter pleinement.

 

 

El Templo de Guadalupe

L’église de Guadalupe est l’une des plus célèbre de la ville, car dédiée à la vierge indigène sainte patronne du Mexique, la Virgen de Guadalupe, dont la fête est le 12 décembre. Si vous pouvez vous rendre à San Cristobal à cette période, vous pourrez assister à d’innombrables processions de gens chantant des chants religieux, souvent pieds nus, vêtu d’un haut en et d’un bandana à l’effigie de la vierge et précédés d’un pick-up décoré d’images de la Vierge. De même, dans tous le Chiapas, sur le bord des routes, on voit le même genre de voiture, remplie de jeunes gens qui courent à tour de rôle avec un flambeau à la main pour ramener la flamme jusqu’à l’église.

Durant une bonne semaine, l’église est prise d’assaut par les fidèles. Certains parcourent tous le chemin jusqu’à l’autel à genoux et en scandant des « slogans » à la gloire de la vierge. C’est assez impressionnant de voir cette ferveur religieuse. Veillez à être patient si vous voulez sortir de l’église au milieu de toute cette foule compacte !

 

 

San Juan Chamula

                Toujours dans la même veine religieuse, le village indigène de San Juan Chamula, et notamment son église valent le détour, de par les rituels mystiques et syncrétiques qui y sont pratiqués. Vous pouvez vous y rendre très facilement en colectivo (environs 30 minutes de trajet). Sur le chemin, vous vous rendrez assez vite compte de l’immense pauvreté de ces communautés, qui vivent dans des conditions extrêmement précaires
(maisons en planches et en taule avec des trous béants par endroit).

            L’entrée de l’église coûte 10 pesos et il n’est pas possible de photographier l’intérieur. Ici, ni bancs, ni électricité, mais un sol tapissé d’aiguilles de pin et des centaines de bougies. Aucune image du Christ non plus, car le saint vénéré ici est Saint Jean-Baptiste. La plupart des fidèles ne prient pas en espagnol mais en langue indigène que j’imagine être du tzotzil, qui est l’ethnie majoritaire de la région. Je vous conseille de vous y rendre entre le vendredi et le dimanche, plutôt le matin, pour assister aux rituels chamaniques de guérison, à la fin desquels une poule est souvent sacrifiée.

Pour ma part, ne sachant pas tout cela, je m’y suis rendu en pleine semaine, l’après-midi, et je dois avouer que je me suis sentie assez mal à l’aise. En effet, j’étais la seule touriste, et donc à peine m’étais-je approché de l’église que je me suis retrouvée assaillie par une horde de petites filles, âgées entre 2 et 6 ans, me demandant à manger ou de l’argent, et j’avoue que je n’ai pas pu résister à leur donner quelques pesos, tant il était évident qu’elles vivaient dans une grande pauvreté. Néanmoins, mis à part les quelques minutes que j’ai passé dans l’église, j’étais constamment suivie par ses enfants, ou encore par des gens qui voulaient à tout prix me vendre des choses. Ma visite a donc été très courte. Néanmoins, si vous vous y rendez lors de périodes plus propices, vous serez entouré d’autres touristes, et ne rencontrerez sûrement pas ce genre de désagrément.

 

Les marchés

San Cristobal possède deux marchés principaux : un marché traditionnel, et un marché d’artisanat.

Pour le marché de fruits et légumes, je vous conseille vraiment d’acheter un peu de tous les fruits qui vous sont inconnus (n’oublier pas de demander le nom et comment ça se mange), j’ai ainsi pu faire de belles découvertes gustatives ! De plus, les prix sont imbattables ! Néanmoins, encore une fois, je vous déconseille les produits frais type viandes et poissons, qui ne sont pas protégés ni réfrigérés.

En ce qui concerne le marché d’artisanat, vous trouverez beaucoup de stands de bijoux, et notamment de bijoux en ambre, spécialité du Chiapas, à des prix très abordables, de quoi faire de jolis cadeaux ! Mais il y a également de la maroquinerie, des articles brodés, des vêtements, etc.

 

El cañon de Sumidero

Pour vous y rendre, je vous conseille de réserver un tour à l’avance depuis San Cristobal. Vous quittez la ville vers 9h et arrivez là-bas vers 10h. De là, tout le monde embarque dans un bateau avec un guide qui s’arrête régulièrement pour vous montrer les oiseaux, les crocodiles si vous avez de la chance (oui, oui, des crocodiles), ou les formations rocheuses. A faire par beau temps pour en profiter pleinement ! De là, un colectivo vous emmène dans une ville voisine sur un marché local pour déjeuner : à vous les bons petits plats locaux, sans un seul touriste en vue !

 

 

Las cuevas del Arcotete

Vous pouvez accéder à ces grottes depuis le centre de San Cristobal, après une petite randonnée dans la forêt. Prévoir deux heures de marche un peu sportive (le sentier est assez peu marqué et il faut passer par-dessus/dessous des branches et des rochers), et de bonnes chaussures. Arrivés là-bas, l’entrée aux grottes coûte 10 pesos. Vous avez également la possibilité de faire de la descente en rappelle ou de la tyrolienne pour 50 pesos. Pour le retour (mais aussi pour l’aller bien entendu), après une bonne demi-heure de marché, vous pouvez prendre un colectivo pendant une vingtaine de minutes, qui vous ramènera dans le centre-ville.

 

 

Où loger à San Cristobal ?

A 1000%, je vous recommande l’auberge de jeunesse La Isla. Vous n’aurez que l’embarras du choix en auberge de jeunesse à San Cris, mais celle-ci est un véritable coup de cœur, et la meilleure auberge de jeunesse dans laquelle j’ai eu l’occasion de séjourner jusqu’à maintenant, de part la chaleur, la gentillesse et générosité des gérants, deux sœurs avec leurs copains et un ami, tous argentins, la trentaine et le cœur sur la main. Ils vous prodigueront tous les conseils dont vous avez besoin pour faire de votre séjour à San Cristobal un moment inoubliable, et vous cuisinerons avec les autres volontaires de bons petits plats chaque dimanche pour un grand dîner familial avec tous les guests de l’auberge. Mention spéciale aux deux gros chats de la maison et à la cheminée !

 

 

Mes bonnes adresses à San Cristobal

  • Kukulpan : une super boulangerie avec des cinnamon rolls à tomber (qui m’ont d’ailleurs rappelé nos viennoiseries françaises, c’est dire !). Une a deux fois par jour, ils passent à l’auberge avec un panier rempli de bonnes choses, même pas besoin de se déplacer !
  • Le Revolution Bar : un bar très sympa avec de la musique live et de la bière pas chère !
  • La Viña de Bacco : un bar à vin chaleureux, qui vous sert gratuitement des toasts avec des dips à chaque verre commandé
  • La Espirituosa : goûtez à l’alcool local, le posh, fabriqué à partir de maïs. J’ai découvert le lieu durant le Free Walking Tour, une bonne occasion de déguster les différentes variétés, comme celles au chocolat ou à la fleur d’hibiscus. Bon, je vous préviens quand même, c’est fort, à consommer avec beaucoup de modération donc ! Le posh est considéré comme une boisson sacrée par les indigènes de la région, il est d’ailleurs utilisé lors des rituels chamaniques à San Juan Chamula. La tradition veut que pour trinquer, on lève son verre en disant « Colabal », c’est-à-dire merci en tzotzil.
  • Otoch Chukwa : une chocolaterie, autre spécialité de la région. Goûtez leurs merveilleuses truffes, complètement addictives, je ne m’en suis toujours pas remise ! A déguster avec un thé, et un bon livre, devant la cheminée de l’auberge, sans modération cette fois !

 

 

San Cristobal de las Casas, définitivement mon deuxième gros coup de cœur du Mexique ! Colabal !

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