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Le bilan après 4 mois sur les routes

Il y a 4 mois jour pour jour, j’étais dans un avion en partance de Barcelone pour le Canada. Aujourd’hui, je suis censée être à la moitié de mon voyage. Or, force est de constater que celui-ci va se prolonger de plusieurs mois, tout simplement parce qu’aujourd’hui, ce mode de vie est celui qui me convient.

Voilà deux mois et demi que je suis au Mexique (théoriquement, je devrais être en Colombie, après être allée au Costa Rica, la blague), et ce pays et les expériences que j’y ai vécue ont été extrêmement enrichissantes. A vrai dire, je m’y sens beaucoup mieux qu’au Canada et aux Etats-Unis : culturellement, linguistiquement, ça me parle plus, et puis c’est un pays assez prisé des backpackers, ce qui permet de rencontrer des personnes avec les mêmes aspirations que moi, chose que j’ai moins trouvé en Amérique du Nord, et a fortiori en France. Je prends beaucoup de plaisir à découvrir ce pays d’une richesse incroyable, et toutes les personnes que j’y ai rencontré ont contribué à faire de ce séjour, à la fois une expérience inoubliable, et une véritable leçon de vie. Cela m’a également permis de lâcher prise et de réfléchir à la vie que je souhaite mener.

Voilà donc les leçons tirées de ces deux derniers mois !

 

Ce que j’ai appris

  • En étant positif, on attire des personnes positives 

C’est certainement la chose la plus importante que j’ai réalisé ces derniers mois, et je remercie Manuel, rencontré à Palenque de m’en avoir fait prendre conscience. En effet, comme je l’avais noté dans mon précédent bilan, je suis plus positive depuis que je voyage. Et j’ai également remarqué que les personnes qui croisent ma route sont également des personnes positives et bienveillantes. Or, à Paris, j’étais une éternelle râleuse, et rétrospectivement, je me rends compte que j’ai accumulé des relations toxiques ou qui ne m’épanouissaient pas, que ma vie était ponctuée de prises de tête inutiles, de commérages et de crises qui n’en étaient pas. Rien de tout ça dans ma vie aujourd’hui. Et je pense vraiment que notre état d’esprit influe énormément sur le type de personne que l’on attire à nous. En étant positif et bienveillant, on a plus de chances d’attirer le même type de personne. Et c’est un cercle vertueux, car plus vous vous sentirez bien dans vos baskets, plus vous rencontrerez des personnes qui auront une influence positive sur votre vie, et ainsi de suite. Je ressens nettement la différence sur mon moral, mes relations et ma façon d’appréhender la vie. Je suis plus détendue, moins dans le contrôle, plus ouverte. Et franchement, ça fait du bien.

 

 

  • L’argent n’est pas un problème 

Autre leçon importante, que je dois cette fois à Jaime, rencontré lors de mon second séjour à La Paz en Basse-Californie du Sud. En effet, à la base, j’étais partie pour un voyage de huit mois, avec un programme vague mais une idée des grandes lignes (pays à visiter, dans quel ordre, etc.), mais avec un budget assez limité. Non seulement le Canada et les Etats-Unis ont fait un trou encore plus important que ce que je pensais dans le-dit budget, je suis restée beaucoup plus longtemps que prévu au Mexique, mais sans flamber, je ne me suis pas privée non plus. Du coup, mon budget est encore plus serré, et si je veux mener le voyage que j’avais prévu jusqu’à son terme, je dois trouver un moyen de gagner un peu d’argent. Or, au Mexique, il est assez facile de trouver un petit boulot, surtout quand on parle plusieurs langues. En partant, une de mes seules limites concernant ce voyage était justement la question de l’argent. Je devais tenir huit mois avec la somme de départ, voire même rentrer avant si cela coûtait plus cher que prévu. Aujourd’hui, je sais que l’argent est un faux problème car je peux en économiser ou en gagner facilement, en faisant du volontariat ou en travaillant. Cela m’offre également l’opportunité de voyager plus longtemps, et donc de prendre plus mon temps dans chaque pays. Si je souhaite voyager plus longtemps, j’en ai l’opportunité, et l’argent n’est pas un frein. Comme je le disais dans mon premier bilan, nos seules limites sont celles que l’on se pose à nous-même.

 

 

  • C’est ok d’avoir besoin d’un peu de solitude 

Quand je dis que je voyage seule, automatiquement, on me demande si justement, la solitude ne me pèse pas, ce à quoi je réponds très souvent que, la plupart du temps, tu rencontres des gens lorsque tu voyage (et plus facilement que si tu voyage avec quelqu’un), et que donc tu n’es jamais seule très longtemps. Cela ne veut pas pour autant dire que je n’ai pas parfois eu plus de mal à établir des contacts et que donc je me suis sentie seule. En revanche, parfois, je recherche la solitude, j’ai besoin de me retrouver un peu avec moi-même. Quand j’ai quitté La Paz après trois semaines de volontariat dans une auberge de jeunesse par exemple, j’ai passé une bonne semaine, lors de mes séjours à Oaxaca et Palenque, sans vraiment chercher à me lier. Je parlais aux gens, mais sans plus, car après trois semaines à être constamment entourée de gens, j’avais besoin de me retrouver. Et c’est tout à fait ok. Voyager, ce n’est pas nécessairement une grosse colonie de vacances, et la solitude fait partie intégrante du voyage solo. C’est dans ces moments-là que l’on peut réellement réfléchir et se recentrer. Il n’y a donc pas à culpabiliser, y compris si vous avez à dire à vos compagnons de voyage du moment qu’aujourd’hui, vous préférez faire des choses de votre côté plutôt que de les accompagner.

 

 

  • C’est ok de ne pas apprécier certains endroits 

De même qu’il n’y a aucun problème à ne pas toujours avoir le moral en voyage, il est possible de ne pas apprécier ou d’être déçu par certains endroits. Ça a été mon cas pour Mexico (pour des raisons plutôt extérieures à la ville elle-même d’ailleurs), ou plus récemment pour Tulum (j’expliquerai pourquoi dans un article à venir). Et ce n’est pas grave, il y a des endroits qui nous plaisent plus que d’autres, on a forcément des images, des idées préconçues, des clichés sur certains endroits, qui ne collent pas toujours avec la réalité sur le terrain. Et encore une fois, ce n’est pas être ingrat que d’avouer que l’on a pas aimé tel ou tel endroit.

  • Si tu te sens bien quelque part, restes-y ! 

A l’inverse, j’ai fait une fois l’erreur de quitter la Basse-Californie. Or, le lendemain de mon départ, je souhaitais déjà y retourner, et résultat, j’ai repris un avion dix jours plus tard. Si je m’étais un peu plus écoutée à l’époque, j’aurais pu économiser quelques centaines d’euros en billets d’avion ! En voyage, on est parfois « pressés » de tout faire, de découvrir la prochaine destination, et on oublie un peu de prêter attention à ce que l’on ressent. Il n’y a aucun problème à rester plus longtemps que prévu à un endroit que l’on apprécie, surtout quand on n’a pas vraiment de date de retour précise comme moi. Si l’on voyage sur du plus court terme, il est toujours possible de modifier un peu ses plans, à condition d’avoir prévu une petite marge de flexibilité. C’est tellement frustrant de devoir quitter un endroit que l’on aime parce qu’on a absolument tout booké à l’avance.

 

 

  • Il est essentiel de parler un minimum la langue locale 

J’ai noté une nette différence, notamment au Mexique, entre moi qui parle couramment espagnol, ou au moins certaines personnes qui parlent un minimum la langue, et d’autres qui ne cherchent pas à apprendre et utilisent constamment l’anglais. Ces personnes-là restent avec d’autres voyageurs, ne se lient pas aux locaux, et véridique, payent plus chers certains articles ! En effet, un commerçant m’a clairement dit qu’il me faisait un prix parce que je parlais bien espagnol ! Pour certains pays, je pense notamment à l’Asie, je comprends que ce soit beaucoup plus compliqué, mais en tant que Français, nous avons beaucoup de facilités en ce qui concerne l’espagnol, et je trouve ça plus respectueux et plus pratique pour tout le monde de connaître au moins certains mots de base. D’ailleurs, si vous voulez apprendre une nouvelle langue, je vous conseille l’application Duolingo (j’essaye de me mettre au portugais en prévision de mon voyage au Brésil dans un mois).

 

  • Etre libre d’aller où je veux mais n’appartenir nulle part 

En partant, je pensais revenir dans huit mois, travailler durant l’été puis reprendre des études à la rentrée. J’ai assez rapidement compris que je n’avais pas envie de retourner sur les bancs de la fac, mais je souhaitais retourner en France au bout de ces huit mois, comme prévu, pour travailler, avancer la plongée, passer mon permis, etc. Aujourd’hui, plus le temps passe, et plus je repousse mon retour en France. En effet, aujourd’hui, mon mode de vie itinérant me convient, je ne me vois absolument pas revenir à ma routine parisienne. En voyage, je ne sais jamais de quoi demain sera fait, qui je vais rencontrer, quelles nouvelles amitiés je vais lier, quel paysage je vais admirer. Je me vois mal rentrer et reprendre une vie « monotone », comme si de rien n’était. En outre, rien ne m’attend à mon retour en France. Pas de job, d’appart’, aucune attache matérielle. Bien sûr, il y a ma famille et mes amis, mais cela fait bien longtemps que tout ce petit monde est dispersé aux quatre coins de la France, il n’y a donc personne qui pourrait me décider à me fixer à un endroit en particulier. J’aime profondément mon pays et mes proches, mais rien ne me pousse à rester. Aujourd’hui, je suis libre d’aller et venir comme bon me semble, et pour rien au monde je ne souhaite troquer cette liberté contre de la « stabilité ». Cette vie n’est pas pour moi. Voyager m’a confortée dans la certitude que le modèle de vie « traditionnel », à savoir études, CDI, se caser, acheter une voiture, avoir des enfants et/ou un labrador, acheter une maison, n’est absolument pas pour moi. Mais cette liberté, cette indépendance a aussi un prix. Aujourd’hui, je suis libre d’aller où je veux, quand je veux, mais en même temps, j’ai l’impression de n’appartenir nulle part. Justement, car je n’ai aucune attache assez forte pour me retenir à un endroit en particulier. J’ai de la famille et des amis dans le monde entier, et encore trop d’endroits à découvrir pour me fixer pour le moment. Mais mon expérience à La Paz m’a aussi montré que j’étais capable de refaire ma vie ailleurs, en partant de zéro, même si ce n’est que sur du moyen terme : trouver un travail qui me plaît, dans un endroit où je me sens bien, se créer un cercle de connaissances, créer ces petites habitudes dans les commerces du quartier, croiser par hasard des amis dans la rue.

 

Ce qu’il me reste à améliorer

  • Rencontrer plus de locaux 

Durant quatre mois, j’ai à 95% logé dans des auberges de jeunesse, où logiquement, on rencontre assez peu de locaux. J’aime beaucoup l’ambiance des auberges de jeunesses, mais j’aimerais à l’avenir rencontrer plus de locaux, partager leur quotidien, connaître leurs bonnes adresses. C’est pourquoi je vais essayer de me tourner un peu plus vers Airbnb et couchsurfing.

 

  • Alléger (encore) mon sac 

J’ai récemment fait un premier tri dans mon backpack, notamment en renvoyant en France mes chaussures de randonnée, trop lourdes, trop volumineuses, et je pense, trop petites pour moi. Et malgré ça, j’ai l’impression que mon sac à dos est toujours aussi lourd ! Il pèse entre 15 et 16 kg, ce qui est beaucoup, beaucoup trop, surtout si l’on considère mon gabarie, et le fait que j’ai en plus mon petit sac avec moi, dans lequel je mets tous mes objets de valeur (ordinateur, appareil photo, papiers, argent…).

 

Si vous avez raté le bilan des 2 mois : Deux mois de voyage, le bilan 

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