Mountains calling : Banff National Park

Mountains calling : Banff National Park

Cette petite semaine dans les montagnes de l’Alberta n’était absolument pas prévue, mais l’appel des montagnes a été trop fort : moins de 48h avant mon départ de Vancouver pour Portland, j’ai annulé bus et auberge de jeunesse pour partir au Banff National Park durant six jours, rejoindre une joyeuse bande québécois rencontrés grâce à la magie des réseaux sociaux, et qui parcourent la Colombie-Britannique dans leur bus aménagé.

Me voilà donc partie pour plus de 14h de bus (inconfortable, merci Greyhound). Partie à 6h30 du matin, arrivée à 21h, je n’ai pourtant pas fermé l’œil du trajet, trop captivée que j’étais par le paysage qui défilait sous mes yeux. Le parc est également facilement accessible en avion puis en bus depuis l’aéroport de Calgary.

La ville de Banff en elle-même est située à environs 1400 mètres d’altitude. Quand je m’y suis rendue fin septembre, le jour de mon arrivée, il faisait -1 °C le matin, donc prévoyez toujours des vêtements chauds. L’été, Banff est l’endroit rêvé pour les amateurs de randonnée, et est une station de ski huppée en hiver. Tout autour, vous trouverez plusieurs petites villes et une quantité de sites plus magnifiques les uns que les autres à explorer.

Pour les personnes en PVT au Canada, nul doute que vous trouverez facilement du travail dans le coin en haute saison, de vendeur dans une boutique, à casseur de roches, en passant par serveur.

A savoir tout de même avant de vous y rendre, les auberges de jeunesse n’y sont pas données (j’ai payé 150$, taxes incluses pour 2 nuits à Banff même, réservées à la dernière minute, certes).

 

Banff et ses environs

J’ai passé mon premier jour sur place dans le centre de Banff, à explorer. Où que l’on soit, on aperçoit les montagnes enneigées au loin. Il faisait frais, mais le soleil était de la partie, et c’était vraiment agréable de se retrouver au calme des montagnes après l’agitation de toutes les grandes villes que j’avais visité jusqu’alors. Le tour de la ville est néanmoins vite fait si l’on ne dispose pas d’une voiture. Le centre-ville de Banff, c’est avant tout des magasins et des restaurants destinés aux touristes, mais les espaces verts valent le détour pour admirer les montagnes de loin.

 

 

Le jour suivant, je me suis rendue en bus avec mes amis québécois au Johnston Canyon, à environs trente minutes de route de Banff. Ici, on peut admirer les grottes et les cascades, sauter allègrement les barrières pour aller au bord du vide ou faire trempette dans la rivière (à cette époque, l’eau est froide, croyez-moi, mais c’est bon pour la circulation sanguine paraît-il). L’eau y est limpide et vert émeraude. Des sentiers de randonnées faciles sont facilement accessible, même si ça grimpe un peu tout de même. Le parc ne ferme pas la nuit, donc attention à ne pas vous faire surprendre par la nuit, vous risqueriez de ne pas sortir au même endroit par lequel vous êtes entrés, dans le noir (ça sent le vécu).

 

 

Canmore, ou comment j’ai failli y passer

A une vingtaine de kilomètres de Banff, se trouve la ville de Canmore, c’est là que j’ai passé les meilleurs moments de mon séjour.

Je vous conseille chaudement l’auberge de jeunesse Hi Canmore, située à la sortie de la ville et de laquelle vous pourrez accéder à une grande quantité de sentiers de randonnées. L’auberge dispose d’un salon très confortable avec une grande baie vitrée donnant sur la montagne, elle est située à flanc de montagne, dans la forêt, le personnel est accueillant et plein de bons conseils, des vélos sont mis gratuitement à votre disposition, l’ambiance y est très chaleureuse, etc. De plus, la plupart des gens qui s’y rendent sont des Canadiens, plus ou moins du coin, et pour la plupart des retraités. Ça change des auberges de jeunesses traditionnelles, et c’est plutôt agréable de discuter avec des gens différents.

Le jour de mon arrivée, j’ai effectué une petite randonnée facile, pendant une paire d’heures (bon à la fin j’ai quand même eu du mal à retrouver mon chemin jusqu’à l’auberge). A cette époque, les couleurs et le paysage sont à couper le souffle, entre le bleu éclatant du ciel et le vert et le jaune de la forêt. Ça grimpe sévère, mais on en prend plein les yeux !

 

 

Le lendemain, j’ai demandé une rando un peu plus difficile que la veille, on me griffonne donc un plan grossier sur une feuille, et me voilà partie sur le Grotto Mountain trail. Ça monte sec, il fait chaud, mais il fait beau, et je suis motivée.

J’ai besoin de pauses régulières car il n’y a pas un moment de plat et que le chemin (étroit et défoncé) serpente tout au long de la montagne d’abord, puis dans la forêt, où l’on croise des dizaines d’écureuils et de chipmunks. C’est lors d’une de ces pauses, confortablement installée sur un épais tapis de mousse (le meilleur fauteuil qui soit), que je décide de googler, par curiosité, le trail que je suis en train d’effectuer. Et c’est comme ça que j’apprends que cette randonnée et considérée comme difficile et pour les randonneurs confirmés. Je suis totalement débutante, mais je pense avoir fait le gros du chemin.

Que nenni ! Le chemin est extrêmement mal indiqué et je perds plusieurs fois le sentier avant de le retrouver. Au bout d’un moment, la forêt disparaît pour laisser place à la roche nue. Et c’est là que les ennuis commencent. Le chemin finit par disparaître complètement et je me retrouve même à littéralement escalader la montagne (!!!), à deux pas du vide, et alors que la roche a parfois tendance à se détacher de la montagne et au milieu des éboulements qui rendent la progression très difficile. Je finis par croiser un couple qui entame la redescente depuis le sommet après avoir eux aussi perdu le chemin et galérés jusqu’au sommet, et qui me disent que j’en suis encore assez loin, alors que je pensais être tout près, et que je suis partie depuis déjà plus de deux heures. Je continue encore un peu mon ascension avant de renoncer : trop dangereux. D’autant plus qu’il va falloir redescendre.

Je savoure tout de même la vue depuis mon perchoir et en profite pour faire un petit bilan de ce mois de voyage déjà écoulé. Il est ensuite temps de redescendre, et si l’aller n’était pas une partie de plaisir, le retour est pire. En effet, il faut trouver des prises pour redescendre et marcher très prudemment pour ne pas glisser. Mais ce qui devait arriver arriva et je me retrouve à dévaler deux mètres sur les fesses, dans un éboulement, après une chute. Ça va effectivement plus vite alors j’effectue trois mètres de plus, volontairement cette fois, en priant pour que mon pantalon tienne le choc. Je passe encore une heure à descendre avec beaucoup de précautions, en me retenant aux rochers ou aux branches sur le passage, pour éviter de glisser et de me fracasser le crâne plus bas. Une fois que j’ai regagné la forêt, alors que le soleil commence déjà à décliner, le chemin est plus aisé, même si les genoux en prennent un coup.

 

 

Bilan : c’est une randonnée pour les randonneurs expérimentés. Munissez-vous d’une carte des trails du coin pour éviter de finir dans le ravin. Prenez suffisamment à manger et à boire pour le trajet. A effectuer pendant la saison chaude, en hiver, le chemin est impraticable à cause de la neige. Et surtout, prévenez quelqu’un que vous êtes là, car c’est vraiment dangereux. Mais la vue vaut vraiment le détour, et je ne regrette absolument pas (même si par moment, je ne faisais pas franchement la maligne).

 

 

N’ayant pas de voiture (on en revient toujours à ce problème), il y a pleins de sites célèbre du coin que je n’ai pas pu voir, mais qui valent clairement le détour : Lake Louise, les sources thermales, Two Jack Lake, le lac Moraine, ou encore le parc national de Jasper, non loin de là.

Je ne regrette absolument pas ce petit coup de folie, qui m’a réellement fait un bien fou, et m’a permis de réfléchir sur ce dont j’avais envie ou pas durant ce voyage. Je me suis aperçue que ce n’était pas de villes immenses comme New-York dont j’avais besoin, mais de grands espaces et de nature.

A tout ceux qui effectuent un voyage un peu comme le mien, je vous dirais de toujours suivre votre instinct et d’aller où vous avez envie, y compris sur un coup de tête. Ecoutez-vous. Aller dans un endroit parce que vous en avez réellement envie maintenant et pas parce que c’est un « immanquable » ou une destination à la mode ou que sais-je. Ecoutez vos envies. Analysez ce que vous attendez de ce voyage. Faites vous plaisir.

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